Fatoumata Diawara

Inspirée par la musique et la langue de Wassalou, la région qui l’a vue naître, Fatoumata Diawara a choisi de ne pas utiliser d’instruments traditionnels. Ses chansons, mélopées aussi douces, mouvantes et mélancoliques qu’un coucher de soleil, planent sur un nuancier de guitare acoustique, d’orgue, de basse, de petites percussions. Un folk sans frontières, ballades funky sans oeillères, dont la profondeur a la douceur consolatrice d’une caresse. “Je chante pour donner tout ce que je n’ai pas reçu.

Fatoumata Diawara est née en Côte d’Ivoire. A 10 ans, elle est envoyée par ses parents chez une tante à Bamako, au Mali. Elle ne reverra pas ses parents pendant quinze ans. Cette histoire, Fatou la chante dans « Sowa », un titre de son premier album. “Je ne cherchais pas à ce que cet album soit un bilan de ma vie, mais il l’est devenu. Ma vie est bourrée d’incompréhensions liées à l’enfance, d’émotions qui n’ont pas été nommées. En Afrique, il y a beaucoup de barrières entre les générations, la communication n’est pas fluide, je n’ai pas pu m’y faire.

Son destin l’amène à rencontrer Cheikh Omar Sissoko qui lui confie l’un des rôles principaux de son film « La genèse » en 1999. À dix-huit ans, Fatou part à Paris pour jouer au théâtre dans « Antigone » de Sophocle mis en scène par Sotigui Kouyaté. Elle retourne au Mali en 2001 pour le tournage de « Sia », film dans lequel elle tient le rôle titre et qui raconte l’histoire d’une figure féminine légendaire d’Afrique occidentale. Succès phénoménal dans de nombreux pays. Pour beaucoup de Maliens, de Guinéens, de Sénégalais et de Burkinabés, Fatou est devenue son personnage, Sia. Malgré les  propositions de rôles qui affluent, sa famille souhaite qu’elle se fixe et se marie. Fatou est alors contrainte d’annoncer qu’elle abandonne sa carrière d’actrice.

En 2002, le directeur de la compagnie « Royal de Luxe » vient à Bamako lui offrir un rôle dans son nouveau spectacle. Mais au Mali une femme célibataire n’a pas plus de droits qu’un mineur, et la permission de sa famille qui est requise lui est refusée. Fatou décide alors de s’enfuir et quitte le Mali. “Je suis partie un soir à 19 ans et pendant six ans ma famille n’a pas su où j’étais.”

Avec « Royal de Luxe » Fatou joue dans le monde entier et entonne quelques morceaux de chant pendant les spectacles. Encouragée par l’accueil du public, elle commence entre les tournées à se produire dans des clubs parisiens. Elle rencontre alors le musicien et producteur malien Cheikh Tidiane Seck avec qui elle entame une tournée au Mali.

Fatoumata Diawara : Pourquoi la guitare serait-elle réservée aux hommes ?

À son retour en France Fatou joue dans la comédie musicale « Kirikou et Karaba ». Fatoumata : « Une fille malienne avec une guitare acoustique, c’était une chose à la fois merveilleuse et audacieuse. Pourquoi la guitare serait-elle réservée aux hommes ? » Autodidacte elle joue et commence à écrire des chansons. Oumou Sangaré la présente alors au label World Circuit, l’enregistrement de son premier album peut commencer… Elle participe depuis à de nombreux projets musicaux et est devenue une artiste incontournable.

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