Le Burundi pleure son étoile éteinte mais qui continuera d'éclairer.Hommage à Jean Christophe Matata
Adolphe Birehanisenge
Les burundais et tous les peuples des pays de l’Afrique des grands
lacs sont sous le choc après la mort du célèbre musicien burundais Jean Christophe Matata, une mort survenue ce lundi 3 janvier 2011 en Afrique du Sud au Somerset Hospital de Cape Town.
JC Matata effectuait en Afrique du Sud une tournée
sur invitation de la communauté burundaise de l’Afrique du Sud. Avant
son décès il y avait déjà animé trois concerts à l’occasion des fêtes de
fin d’année 2010, deux à Durban, un à Johannesburg et un autre à Cape
Town. C’est au court de ce dernier, qu’il n’a pas pu achever, que sa
santé s’est détérioré. C’est vers 22h que le chanteur JC
Matatata
a rendu son âme au Somerset Hospital Cape Town, à 49 ans, suite à une
complication liée à une infection pulmonaire qu’il avait depuis un
certain temps mais qui ne l’empêchait pas de chanter.
Tombé dans la musique très jeune (à 18 ans seulement) Matata Jean Christophe vente plusieurs albums, plusieurs hits, plusieurs concerts, plusieurs
collaborations non seulement au Burundi et dans la région (Rwanda,
Uganda, etc), mais aussi en Belgique ( sa seconde patrie ), au
Canada,…etc. De sa capacité et don de marier la musique et la culture
burundaise avec le zouk et le reggae JC Matata fut le tout premier ambassadeur de la musique burundaise dans le monde.
En tant qu’auteur compositeur il a écrit plusieurs des textes pour
différents artistes et de tous horizons (Cecile kayirebwa, (Rwanda),
Adele Shane ( Cameroun ), Georgette pantz ( Cameroun ), Jean Bikoko
Aladin (le Pape de l “Assiko”) (Cameroun); Kami one ( Tchad ), Benjamin
Kayiranga (Rwanda), Jyckey Nyandwi (Burundi), Dorvangee, Group (Gabon),
Tony Vision (Nigeria), Ben Rutabana ( Rwanda ), John-Chris Kavakure (
Burundi ), Buja Positive, Groupe de Rap (Belgique- Hollande), Bene
Ubumwe Group (UK), etc….
Sensible aux problèmes sociopolitiques de la région (Rwanda-
Burundi), il n’a pas hésité à donner son apport notamment dans son album
Nyaranja (1997), album porteur de messages de paix à travers les
chansons de réveil de conscience telles «Hutu-Tutsi», «Nous sommes tous
des frères», «Ntuntumeyo» (Ne m’envoyez plus là-bas) et «Va ibuzimu uje
ibuntu» (Reviens à la raison),…etc
Après un long séjour en Belgique (18 ans) sa deuxième patrie, Jean Christophe Matata était de retour dans son pays natal où il avait déjà entrepris des
projets pour soutenir et promouvoir les jeunes talents émergents au
Burundi et dans la région.
Bien que son départ prématuré après une brillante carrière de 30 ans
constitue une grande perte pour la musique et la culture burundaise dans
le monde, son nom restera toujours gravé dans nos mémoires et ses
œuvres nous rappelleront toujours qu’il était un homme bon et un artisan
de la paix. Que Dieu l’accueil dans son royaume et que son âme repose
en paix
Pour rendre hommage à cet artiste extraordinaire, nous avons approché
les artistes qui l’ont connu de prés, ceux qui ont été bercé par ses
hits, et ceux que son immense talent a inspiré.
Je me rappellerai toujours d’un Jean Christophe Matata bête de scène. Il avait vraiment l’art d’allumer le public. Mais
surtout, je garderai de lui ce qu’il me disait juste quelques mois avant
son départ pour la tournée sud africaine: « Francis, Youssou Ndour m’a
dit qu’en tant qu’artiste, vit et demeure dans ton pays. Les gens
viendront eux même t’y chercher ». C’est ce qu’il avait fait d’ailleurs
en rentrant s’installer définitivement dans sa terre natale le Burundi.
Basokuru barayamaze bati : »intore ntiramba ». Il nous lègue un grand
héritage musicale pour nous autres de la nouvelle génération. Que Dieu
l’accueille dans son royaume!!Peace!!!
C’est avec une grande tristesse indescriptible que j’ai
appris sa mort presque inopinée d’abord par un ami en commun qui est
aussi musicien. J’étais vraiment si fier de l’avoir comme ami même si
nous n’étions pas souvent en contact. Je me souviens quand j’habitais à
Kinshasa en RDC, il m’avait contacté pour me faire venir en Belgique
dans le but de faire des concerts à Bruxelles sous son patronage.
Malheureusement cela n’a pas eu lieu suite aux obligations que j’avais
qui m’empêchaient de me déplacer à cette époque. Avec ce geste, je
voyais en lui un amour pour ses frères musiciens, un amour patriotique.
Sa mort qui m’a beaucoup attristé, est une grande perte non seulement
pour sa famille, ses amis, son pays natal mais aussi pour la région des
Grands Lacs en particulier et partout dans le monde où il a exercé son
immense talent d’un bon artiste musicien, auteur-compositeur et
animateur hors du commun.
Je partage cette douleur immense avec sa
famille à qui je présente mes sincères condoléances les plus attristées,
le peuple burundais, ses amis dont je fais partie, ainsi qu’avec
beaucoup de millions de personnes qui l’ont connu, aimé et apprécié à
travers sa musique dont la beauté, la qualité, le fond et la forme
reflètent exactement sa personnalité si attirante, séduisante et
attachante. Que Dieu le Tout Puissant l’accueille dans son royaume. Son
ami Nsengiyumva Minani Félicien alias Général Femi de j’Abat, artiste
musicien burundais.
Jean Christophe Matata est le seul et
unique à qui je dois donner le respect. Je me souviens quand j’étais
enfant j’avais l’habitude d’écouter ses chansons dont “Samantha”. Depuis
mon objectif fût de le rencontrer et j’y parvins en 2006 à Ottawa où
j’ai fait un grand spectacle avec lui. Il était si génial qu’avant de
monter sur scène il m appela « Petit Frère? Je veux que tu sois grand,
je veux que tu deviennes un grand un homme alors s’il te plaît ne bois
pas et ne fumes pas pour garder ta voix clair. Je t’aime bien”. C’est
tout ce qu’il m’a dit. Matata était un grand musicien.
Et il restera le roi pour notre pays, le meilleur. C’était un ami, un
musicien incroyable. Qu’il repose en paix. Ton frère Kijanya.
Jean Christophe est un grand musicien
mais aussi un homme de cœur, il aimait beaucoup la vie , les gens,
l’Afrique en particulier le Burundi et le Rwanda. J’ai eu la chance de
travailler avec lui sur deux albums (Ninde – 1997 et Mbabarira – 2002),
Il m’ a tout appris notamment comment placer la voix. C’était un auteur
de qualité, il aimait l’ordre et les choses bien faites.
Très facile à vivre, Matata n’aimait pas les chichis
(les choses compliquées), il me disait qu’il n’avait pas eu la vie
facile dans son enfance mais que sa grand mère lui avait donné beaucoup
d’amour. Je suis très touché par sa disparition que j’ai du mal à le
croire, il m’est insupportable de penser que je ne pourrais plus
l’entendre rire ou me raconter les blagues. J’ai une grande pensée pour
sa famille. Que son âme repose en paix. Ben Kayiranga.
Kampayana Sugar: Compositeur musicien burundais
Je n’oublierai jamais JC Matata sur sa
petite moto (1990-1991), son jeu de scène le distinguait des autres, son
entrée sur scène avec une tenue militaire quand il chantait la chanson
« Rastaman » (il avait sa manière de changer de tenue a chaque entrée,
ce qui redorait l’image de sa scène…), l’un des rares artistes sinon le
seul qui remplissait la salle de l’Odeon Palace de Bujumbura pendant
deux jours successifs (je me souviens parfaitement de ses concerts en
1991 avant son départ pour l’Europe). Il a bercé mon enfance, je me
souviens des foires au stade FFB, feu Amossek qui était MC à l’époque,
disait de Matata en l’introduisant sur scène « si matata tu ni
« machachari » (le terrible). A l’école primaire, si j’obtenais de
bonnes notes dans le cours de chant et musique, c’était grâce à ses
morceaux (Sinzokwibagira, Rastaman et Mukobwa ndagowe) que
j’interprétais sous les applaudissements de mes collègues.
Matata était
source d’inspiration de toute une génération d’artistes de 7 à 77 ans.
J’ai eu la chance de travailler avec lui en 2010 dans son studio ou on
enregistrait des voix off pour spots publicitaires, son humilité
m’étonnait ( pour interpeller quelqu’un, il disait « grand frère ou
baba » des fois ça me gênait parce que pour moi c’était un honneur de
travailler avec ce monument de la musique burundaise..). Son coaching et
ses encouragements me permettaient de mener à bien mon boulot. Avec lui
l’ambiance était toujours de fête grâce à son sens de l’humour et ses
anecdotes. Tu as fait beaucoup, maintenant reposes en paix.. n’i
Nyagasambu rirarema (no mw’ijuru uzoririmbana n’abaserafi,
n’abakerubi…).
Mudibu: Chanteur burundais basé en Angleterre (http://www.myspace.com/mudibuinfo ).
Déjà durant les années 80 tout mélomane de Bujumbura (la capitale du Burundi) devait savoir qui était Jean Christophe Matata.
Tout le monde chantait ses chansons. Il est notre star et il le restera
pour les futures générations. Il a amené quelque chose de nouveau sur
nos écrans de télévision et radios. Et si vous n’aviez pas de télévision
à la maison, il fallait absolument aller chez le voisin qui en avait
dans le quartier. Ses mélodies accrocheuses, ses contes et commentaires
sociales capturaient votre esprit instantanément dés que vous écoutiez
ses chansons. Il n’y a aucun doute qu’il a été et sera toujours admiré
aimé et surtout respecté pendant des générations.
La seule fois que j’ai
pu le rencontrer, ça été si rapide que je suis resté à ma faim. C’était
je crois en 1998 et à l’époque faire de la musique ne faisait pas
partie de mes projets. Il était venu à Londres pour un concert sous
l’invitation de la communauté rwandaise et je l’ai rencontré par hasard
dans un parking (comme n’importe quel gars )où il attendait un ami. Dés
que je l’ai vu je me suis précipité pour lui dire bonjour, mais pendant
un instant j’ai hésité un petit peu. Je me suis dit qu’il allait le
prendre mal ou qu’il n’allait pas être cool du tout. Mais au contraire, à
ma surprise il a été super cool avec moi. Il m’a fait sentir à l’aise,
comme si l’on se connaissait depuis des années. Je lui demanda comment
le concert s’était déroulé et il me répondit-avec désinvolture et
humour. Des fois je n’arrive pas à croire que tout s’est passé ainsi. Il
n’y avait personne qui pouvait être témoin de notre rencontre. Je suis
le seul à savoir ce qui s’est passé en ce moment là.
Et maintenant
savoir qu’il n’est pas plus de ce monde avec nous est très triste.
Savoir qu’il était retourné au pays plein de projets je me rends compte
combien il a été modèle et une source d’inspiration, pour les autres et
pour moi particulièrement, il l’ a été, et il le sera pour toujours. Je
le remercie pour la lumière qu’il a su nous partager. Il a enrichie nos
vie sans le savoir. C’est une vie immense et utile, qu’il a vécu. Je me
joins aux autres pour dire à nouveau Grand merci. Que le tout puissant
vous garde dans un endroit paisible jusqu’à ce que nous retrouverons de
nouveau. BLESS BLESS N BLISS MATATA JC.
Bizimana Paulin: Deejay burundais basé en Belgique.
Pour moi, JC Matata est l’ un des grands
artistes qu’on aura peut-être jamais eu au burundi, il m’a appris la
musique depuis que je suis petit. Il m’a encouragé à faire la musique et
à devenir deejay. A un certain moment j’étais son deejay personnel. Que
dieu l’accueil dans son royaume. Le Romeo de toutes les Juliettes.
M-la MLambert: rappeur burundais basé en Hollande.
J. C Matata a toujours été une source
d’inspiration pour moi en tant que artiste burundais.Sa musique était
tellement et réellement convaincante. Réposes en paix Matata.
Eliane Becks Nininahazwe: artiste burundaise basée aux Pays-bas.
Matata était et restera toujours dans
nos mémoires. Le Burundi vient de perdre un vrai artiste, qui chantait
la paix l’amour et la réconciliation. Je me souviens en période de
crise, les chansons de Matata nous ont fait vibrer dans les boites de
nuits. La Radio nationale diffusait en boucles ses chansons riches en
messages constructifs. C’est dommage qu’il parte si tôt. Beaucoup de
jeunes ont été inspiré par lui et l’on espère que ça va continuer. Tout
comme Michael Jackson, Matata n’est pas mort. Sa musique vivra pour
toujours. Cher frère Matata tu seras toujours dans nos
cœurs.