TiMalo

La diversité,la relation sont sources d’espoir

 

Qui est TiMalo?

J’ai grandi a Bouillante. C’est une petite commune située sur la Côte-Sous-Le-Vent en Guadeloupe. Mes parents ont eu le courage de me parler et de m’éduquer en créole depuis ma plus tendre enfance malgré les craintes, les mises en garde et les prédictions alarmistes des gens autour d’eux.

Comment en êtes vous venu à l’écriture et au slam en particulier?

Ce sont d’abord les nouvelles fantastique et de terreur qui m’ont amené vers l’écriture. Ensuite, je crois que j’ai pu me sentir concerné par la poésie en lisant Léon-Gontran Damas. Le slam est venu plus tard, lors des soirées SlamBlag organiséee en Guadeloupe en 2006. Cette année, je me lance pour la première fois dans l’aventure du roman avec Dyablès.

Tu écris en créole, pourquoi ce choix? Y a-t-il une identité créole?

J’écris en créole parce que c’est une langue, une culture que j’ai chevillée au corps, et aussi parce que j’ai pris conscience du danger qui menace cette langue et cette culture. Je crois que chaque peuple à la responsabilité de partager sa façon de vivre, de voir le monde avec le reste de l’humanité. Je pense que c’est dans cette diversité d’approches que réside le salut du genre humain. La conformité, l’identité sont sclérosantes. La diversité, la relation sont sources d’espoir, selon moi.

Du gwo-ka au Zouk, en passant par la biguine, le konpa, le dance hall … quelle part occupe la musique dans la culture des Caraïbes?

Mon sentiment est que ces musiques sont un miroir de l’Afrique. Comme si, nous essayions, à travers nos musiques de retrouver une Afrique qui nous manque. Dans cette recherche à l’aveugle pour illuminer l’oubli, on tombe sur des morceaux, des bribes d’une Afrique que l’on reconstitue un peu comme un puzzle. Ça donne des choses très personnelles, très différentes mais qui raisonnent incroyablement avec l’Afrique.

Pour ma part, le travail de Fela, l’afrobeat, correspond exactement à ma démarche musicale et artistique. Sur “Dé Moun”, mon deuxième album, j’ai en effet voulu des guitares qui croisent les rythmiques gwoka avec les harmonies funk. Gwo-ka avec la main droite, funk – une autre musique de la diaspora – avec la main gauche. Le tout pour dire, à la fois à travers la musique et dans le propos, que nous avons encore plein de choses à nous dire, et à dire au monde.

Et puis, en Guadeloupe et sans doute en Martinique, toute une génération a vécu la musique comme une religion. Les familles qui en avait les moyens, faisaient un point d’honneur à inscrire leur enfant au cours de musique, juste après le catéchisme.

Vous venez de publiez votre roman Dyables. Parlez nous en…

L’idée d’écrire Dyablès m’est venu durant mon séjour en Guadeloupe, fin 2012, lors de la présentation de “Dé Moun”, justement. Cette année-là pas moins de six femmes, ont trouvé la mort des mains de leur compagnon. Les victimes, comme les auteurs sont de toutes générations. Je me suis pris à imaginer une réaction, violente, hors du rationnel, de la part de la gent féminine. C’est le point de départ de mon livre.

C’est un roman qui appartient au genre du fantastique. J’essaie dans le même temps de revisiter certaines de nos mythologies et de nos croyances. C’est l’occasion également, de mettre en scène des paysages et des personnages d’une Guadeloupe contemporaine.

www.timalo.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *